Avez-vous vérifié les coussins du canapé dans votre programme de relocalisation ?

Le choc des prix réécrit les pratiques de relocalisation plus rapidement que ne l'a jamais fait une planification mûrement réfléchie.

Le choc des prix réécrit les pratiques de relocalisation plus rapidement que ne l’a jamais fait une planification mûrement réfléchie.

Les périodes d’hébergement temporaire, les frais de déménagement, voire les budgets de relocalisation complets, font frémir les responsables du recrutement.

Les prix qui ont grimpé en flèche pendant la pandémie ne sont jamais vraiment redescendus, et beaucoup ont même continué à augmenter. Les prix de l’immobilier sont en baisse, ce qui réduit les commissions immobilières, mais cette baisse est lente et s’accompagne de défis pour les propriétaires. Les RH se retrouvent désormais à devoir vérifier deux fois les factures qui semblent provenir d’une autre économie : « L’IPC est en baisse, alors pourquoi ce devis pour un logement temporaire coûte-t-il toujours 160 dollars la nuit à Calgary ? »

La question n’est pas rhétorique.

C’est la réalité de la rigidité des prix : lorsque les coûts augmentent en période de crise, mais ne baissent jamais pendant la reprise.

Depuis des mois, les RH expliquent aux responsables du recrutement et aux services financiers que le marché de la relocalisation n’a pas connu de déflation avec l’inflation. Les déménageurs, les fournisseurs de logements temporaires et les marchés locatifs ont connu une hausse lorsque le monde a été bouleversé, puis sont restés à ce niveau. Il est difficile d’expliquer pourquoi les gros titres sur l’IPC semblent modérés alors que les budgets de déménagement continuent de s’emballer, mais c’est là que réside le décalage : l’inflation s’est calmée, mais pas les coûts.

La réaction au sein de nombreuses organisations a été prévisible et compréhensible : limiter les risques. Si les coûts ne permettent pas de coopérer, alors il faut contrôler l’exposition. Ainsi, la relocalisation à coût plafonné est devenue le nouveau réflexe des entreprises, un moyen de faire preuve de discipline budgétaire face à la volatilité. Mais dans la pratique, la « fuite vers les plafonds » relève souvent moins de la discipline que du malaise. C’est une réaction instinctive face au choc des prix.

Le problème, c’est que le plafonnement ne réduit pas les calculs mathématiques. Cela ne fait que transférer l’opération arithmétique au cessionnaire. Quelqu’un doit encore combler le fossé entre le budget de 2019 et les coûts prévus pour 2025. Lorsque cette personne est un nouveau propriétaire ou un spécialiste en milieu de carrière qui déménage de Halifax à Vancouver, le déficit semble personnel. Ils refusent le transfert, prennent des raccourcis qui ne devraient pas être pris ou commencent dès le premier jour avec un sentiment de frustration vis-à-vis de leur nouvel employeur.

Il s’agit d’une forme discrète de transfert de coûts qui semble efficace sur le papier, mais qui peut s’avérer néfaste dans la pratique. Pour les RH, le résultat est un cercle vicieux bien connu : exceptions, prolongations et allocations ponctuelles qui rétablissent ce que le plafond a supprimé. L’entreprise fait preuve de parcimonie, mais le coût total de la mobilité ne diminue pas réellement, il est simplement dissimulé dans de nouveaux postes budgétaires.

En réalité, déménager permet de réaliser de réelles économies.

Mais les économies réalisées finissent rarement dans la poche des employés. Ils sont là, dans le processus : les « coussins du canapé » que tout le monde oublie de vérifier.

Parfois, les économies ne se cachent pas dans les grandes renégociations, mais dans de petits ajustements discrets qui ne sont jamais détectés par le service financier.

Exigez que tous les voyages d’affaires et réservations d’hôtels soient effectués au moins 14 jours à l’avance, et votre coût moyen par nuit diminuera de 8 à 10 %. Réduisez d’un jour votre voyage standard de recherche de logement, et vous venez d’économiser une location de voiture, trois repas et une nuit d’hôtel par déménagement, une différence financière réelle qui n’affecte en rien votre expérience.

Ou examinez la conception même de la politique : si votre programme de relocalisation comporte trois niveaux, envisagez d’en ajouter un quatrième. Le fait de diviser le niveau trois en trois et quatre peut empêcher les dépenses excessives sur les prestations qui dépassent les besoins tout en protégeant l’intégrité des niveaux supérieurs.

Le logement temporaire est un autre filet de sécurité

De nombreux fournisseurs proposent des tarifs basés sur des stocks statiques négociés il y a plusieurs années. Les RMC modernes utilisent des indices de coûts dynamiques qui sont mis à jour chaque nuit, de la même manière que les compagnies aériennes fixent le prix de leurs billets. Le simple fait de remplacer les contrats statiques par un approvisionnement en temps réel peut réduire les coûts moyens par nuit de 10 à 12 % sans raccourcir la durée des séjours.

Et puis, il y a les fuites silencieuses : les trois nuits supplémentaires dans un logement temporaire, la prolongation de la location de voiture, l’exception qui se répète à chaque déménagement. De petites différences qui semblent inoffensives individuellement, mais qui s’accumulent au fil de dizaines de déménagements. Les analyses au niveau RMC permettent de détecter ces tendances bien avant que le service financier ne pose la question délicate.

En fait, la plupart des entreprises qui n’utilisent pas de RMC ne peuvent pas suivre efficacement ces tendances. Alors que de nombreuses entreprises ont un seul code GL pour la relocalisation, si elles ont de la chance, un RMC peut en avoir des centaines. Cette granularité vous permet de voir où va réellement l’argent, combien coûtent les exceptions et où de petits changements procéduraux pourraient permettre de réaliser des économies sans nuire à l’expérience des employés.

Le problème n’est pas que les entreprises ne doivent pas contrôler leurs coûts. Ils devraient, mais ils devraient le faire là où se trouve réellement la graisse. Limiter les déménagements ne garantit pas nécessairement une meilleure discipline, mais cela peut souvent créer des tensions. La véritable efficacité vient de l’ajustement du système, et non pas seulement du resserrement de la ceinture.

Mais avant de réécrire une autre politique ou de réduire un autre avantage, prenez le temps de respirer. Regardez sous les coussins du canapé. Vous pourriez même y trouver le budget du dernier trimestre… encore tout chaud.

Expert en relocalisation

Image de Michael Deane

Michael Deane

Aider les entreprises à relocaliser leurs employés et leurs recrues en toute transparence, que ce soit au niveau national, transfrontalier ou mondial.

Résumé du contenu